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Neurodiversité : entre accessibilité et diversité cognitive

On regroupe souvent sous l’étiquette de la neurodiversité des réalités très différentes. Pourtant, les besoins d’une personne dyslexique ne sont pas les mêmes que ceux d’une personne autiste ou TDAH. Comprendre cette distinction permet d’agir plus efficacement et de mieux valoriser les talents de chacun.

Contenu de l’article
  1. Des enjeux distincts
  2. Enjeu d'accès à l'information
  3. Un traitement de l'information hors-norme
  4. Pourquoi cette distinction est utile en entreprise

Des enjeux distincts

Le terme neurodiversité est souvent utilisé pour désigner un ensemble de conditions qui influencent le fonctionnement du cerveau. On y retrouve notamment le TDAH, l’autisme, les troubles dys, le syndrome de Gilles de la Tourette ou encore certains profils à haut potentiel intellectuel.

Ces réalités ont toutefois un point commun parfois trompeur : elles sont regroupées parce qu’elles s’écartent d’une norme statistique, mais elles ne soulèvent pas nécessairement les mêmes défis.

Dans certains cas, l’enjeu principal est de permettre à une personne d’accéder à l’information ou de la communiquer efficacement. Dans d’autres, l’information est parfaitement accessible, mais elle est interprétée, organisée ou utilisée différemment pour raisonner et résoudre des problèmes.

Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’une organisation souhaite mettre en place des pratiques inclusives.

Enjeu d’accès à l’information

Les troubles dys illustrent bien cette première réalité.

La dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie ou encore la dyspraxie affectent certaines fonctions précises liées à la lecture, à l’écriture, au calcul ou à la coordination motrice. Ces difficultés peuvent avoir un impact important sur les études, le travail et la vie quotidienne.

Une comparaison souvent utilisée est celle de la myopie.

Une personne myope n’est pas moins intelligente. Elle ne comprend pas moins bien ce qu’elle voit. Le problème est simplement que l’information visuelle lui parvient de façon moins nette. Avec des lunettes adaptées, elle peut accéder à la même information que les autres.

Les troubles dys peuvent être vus de manière similaire. L’enjeu consiste souvent à trouver un autre moyen de recevoir, de traiter ou de transmettre l’information.

Une personne dyslexique peut avoir un quotient intellectuel très élevé ou très faible. Elle peut également être TDAH, autiste, les deux ou aucun des deux. Le trouble dys ne détermine pas à lui seul la façon dont une personne raisonne.

Les solutions recherchées relèvent donc principalement de l’accessibilité : synthèse vocale, dictée vocale, formats alternatifs, aides technologiques ou adaptations des méthodes de travail.

Un traitement de l’information hors-norme

D’autres profils neurodivergents soulèvent une question différente.

Dans le cas du TDAH ou de l’autisme, l’information est généralement accessible. La différence se situe davantage dans la manière dont elle est sélectionnée, priorisée, associée et utilisée pour construire une représentation du monde.

Une personne TDAH peut accorder davantage d’attention à ce qui suscite son intérêt immédiat qu’à ce qui semble important selon les critères de son environnement. Sa perception du temps, de l’urgence ou des priorités peut également différer de celle de ses collègues.

Une personne autiste peut porter attention à des détails que d’autres négligent, structurer l’information différemment ou établir des liens qui ne sont pas immédiatement évidents pour son entourage.

Dans ces situations, le défi n’est pas seulement de rendre l’information accessible. Il consiste également à reconnaître qu’il existe plusieurs façons valides de comprendre une situation, d’analyser un problème ou de prendre une décision.

Deux personnes peuvent recevoir exactement les mêmes informations et parvenir à des conclusions différentes parce qu’elles n’organisent pas mentalement ces informations de la même manière.

C’est souvent dans cette diversité des schémas cognitifs que se trouvent certaines des forces associées à la neurodiversité.

Pourquoi cette distinction est utile en entreprise

Pour les organisations, distinguer l’accessibilité de la diversité cognitive permet d’adopter des stratégies plus adaptées.

Les troubles dys appellent souvent des outils et des mesures qui facilitent l’accès à l’information ou son expression.

Le TDAH, l’autisme et certains autres profils invitent davantage à réfléchir à la conception du travail lui-même : la gestion des priorités, les modes de communication, les processus décisionnels ou la composition des équipes.
Ces deux approches sont complémentaires.

L’accessibilité permet à chacun de participer pleinement. La diversité cognitive permet de bénéficier de perspectives différentes sur les problèmes à résoudre.

Toutes les neurodivergences méritent d’être comprises et soutenues. Toutefois, elles ne soulèvent pas les mêmes enjeux. Certaines demandent principalement de rendre l’information accessible. D’autres nous rappellent qu’il existe plusieurs façons de percevoir le monde, de raisonner et de créer de la valeur.

Thématiques

Autisme Diversité humaine Dyscalculie Dyslexie Dysorthographie Dyspraxie Éducation Neurodiversité TDAH
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